Oiseaux andins du Pérou

Le Pérou bénéficie d’une faune exceptionnelle qui est dû à son environnement très diversifié entre la côte, la sierra (Cordillère des Andes) et la selva (jungle Amazonienne). Dans la région Andine, la faune varie suivant les différents écosystèmes :

  • Forêt humide
  • Forêt sèche
  • Puna
  • Paysage culturel

Voici ci-dessous, les espèces les plus fréquentes et représentatives des Andes Péruviennes. Pour les mammifères, reportez-vous à l’article Faune andine du Pérou.

Les Oiseaux

Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) – voir en photo
Nom local : Búho americano
Cet oiseau vit sur le continent Américain, de l’Alaska jusqu’à la terre de feu, à des altitudes comprises entre 0 et 4400 m, dans tous types de paysages (forêts denses, désert, plaine, falaise, parc urbain, canyon rocheux). Plutôt de nature sédentaire, il arrive que cet oiseau migre vers le sud. Le même couple peut conserver son territoire durant 8 années consécutives. Avec ses aigrettes caractéristiques, il est le plus grand des rapaces nocturnes d’Amérique. Cependant, sa taille varie de 90 à 160 cm selon son habitat et l’abondance de sa nourriture. Sa tête et sa face ressemblent à celles d’un chat à cause des oreilles, des yeux et de la forme de la tête. Son vol rapide et gracieux, s’effectue sans bruit.
Actif au crépuscule et durant la nuit, il possède une vision binoculaire cent fois plus développée que la vision humaine. Il peut chasser des proies animales 2 à 3 fois plus lourdes que lui et fait partie des oiseaux qui régurgitent des pelotes d’os, de poils et plumes.

Flamand du Chili (Phoenicopterus chilensis) – voir en photo
Nom local : Flamenco chileno
Le plus répandu des flamands en Amérique du Sud, cette espèce se trouve dans les montagnes des Andes du Pérou, Chili, Argentine et Bolivie, jusqu’à la terre de feu. Il vit à proximité des côtes marines, lacs salés et d’eau douces, du niveau de la mer jusqu’à une altitude allant au-delà de 4500 m. Oiseau migrateur, cet oiseau est aussi bon en vol qu’à la nage. Il se nourrit de crustacés, qui lui donnent sa couleur rosée, ainsi que de plantes aquatiques, algues ou menus animaux vivants dans la vase.
Son plumage blanc rosé pâle, ses ailes rosâtres aux extrémités noires et ses pattes gris-jaunâtres le différencie du flamand rose. Très sociables, les flamands roses vivent dans des groupes pouvant aller de plusieurs dizaines d’individus à quelques milliers d’oiseaux. Du fait des lieux inhospitaliers où ils vivent les flamands n’ont que peu de prédateurs.
Junin

Grèbe de Taczanowski (Podiceps taczanowskii) – voir en photo
Nom local : Zambullidor de Junín
Cet oiseau, habitant exclusivement le lac Junin à 4080 m d’altitude (ou lago chinchaycocha en quechua) a été désigné oiseau régional et symbole de la conservation. Sa distinction se voit rapidement grâce à ses yeux rouges et ses plumes auriculaire d’un marron opaque.
N’ayant pas l’habitude de se réfugier dans la végétation, il est facile de l’observer.
Sa caractéristique principale vient du fait de son incapacité à voler, ses muscles pectoraux étant peu développer.
Ils sont seulement 217 à être enregistrés dans la réserve nationale de Junin, pour cette raison cette espèce est classée en grand danger d’extinction. La contamination de l’eau par les mimes alentours en est la principale cause.

Ouette des Andes (Chloephaga melanoptera) – voir en photo
Nom local : Cauquén huallata
Cette oie assez lourde, ne peut pas être confondue en raison de son très petit bec et de son plumage blanc (sauf l’arrière train noirâtre).
Assez commune, on l’a trouve sur les hauts plateaux des Andes, au dessus de 3000m, du centre du Pérou au centre de l’Argentine, sur des terrains humides. L’oie des Andes vit en couple ou en famille au bord des lacs ou des marais d’altitude. En hiver, elle descend dans les plaines et vallées afin de s’abriter des conditions climatiques rigoureuses.

Merganette des torrents (Merganetta armata)  – voir en photo
Nom local : Pato de torrente
Largement répandue et sédentaire, la merganette est présente dans presque toute la chaîne des Andes. Elle fréquente les torrents avec des rochers émergés, les rapides et les cascades. On la trouve généralement entre 1500 m et 3500 m d’altitude. Comme la Ouette des Andes, elle descend dans les vallées en hiver mais jamais en dessous de 1000m (exception faite au Chili).
Le mâle et la femelle ont un plumage très différent. Les mâles ont en commun leur tête noire rayée de blanc, quant aux femelles, elles affichent un gris finement vermiculé sur le dessus à un roux-marron vif en dessous, au niveau du cou et de la gorge.  Excellente nageuse, la merganette n’hésite pas à plonger dans les rapides les plus impétueux à la recherche de larves d’insectes et de mollusques et autres créatures qui composent son menu.

Ibis de Ridgway (Plegadis ridgwayi)  – voir en photo
Nom local : Ibis de la Puna
Proche parent de l’Ibis falcinelle (qui vit en Europe et en Amérique du Nord), cet oiseau se distingue par la couleur rouge de son bec.
Peu répandu, il peut s’apercevoir aux abords des marais, des lacs ou des champs inondés dans les Andes, parfois sur la côte ou en Amazonie. Pour s’alimenter, il chasse grâce à un sens du toucher accru, en sondant le sol à la recherche de crustacés ou de vers.

Vanneau des Andes (Vanellus resplendens)  – voir en photo
Nom local : Avefría andina
Cet oiseau se rencontre couramment aux abords des marais herbacés, des lacs et des champs de culture, entre 2000m et 3000m d’altitude. Il a pour habitude de vivre en couple et se déplace rarement seul. De tempérament nerveux, cet oiseau observe avec attention son environnement pour détecter la présence de dangers.
Ses pattes rosées et son bec jaune et noir permettent de le distinguer des autres oiseaux.
Le vanneau des Andes se nourrit de crustacés, de larves d’insectes aquatiques, occasionnellement de fruits et de graines.

Mouette des Andes (Chroicocephalus serranus)  – voir en photo
Nom local : Gaviota andina
Elle est l’unique mouette que l’on peut apercevoir dans la sierra (zone montagneuse). Cette espèce vit près des lacs et des rivières, entre 3000 et 4500 m d’altitude. Elle niche en colonie isolée et dispersée.
En période de reproduction, le mâle adulte a une capuche noire en forme de demi-lune au niveau des yeux, le reste du corps est blanc. Ses pattes et son bec sont de couleur rouge foncée.

Condor des Andes (Vultur gryphus)  – voir en photo
Nom local : Cóndor andino
Ce rapace est un symbole national, indissociable des peuples ancestraux andins et joue un rôle important dans le folklore et la mythologie des pays de la cordillère. Son habitat se situe dans les Andes, entre 3000 m et 5000m d’altitude, ainsi que le long de la côte pacifique. D’une envergure pouvant atteindre 3,20 m, il est le plus grand oiseau terrestre volant de l’hémisphère Ouest.
On distingue ce vautour par sa grande collerette de plumes blanches autour du cou. Le mâle porte une grande crête sur le dessus de la tête. Contrairement à la plupart des oiseaux de proie, le mâle est plus grand que la femelle.
Les condors sont sociables et vivent en groupe, sous la conduite d’un mâle dominant.
Essentiellement charognard, il se nourrit de grandes carcasses d’espèces diverses.
C’est l’un des oiseaux vivant le plus longtemps au monde, avec une durée de vie pouvant atteindre 50 ans mais sa population est en constante décroissance (perte d’habitat, nourriture empoisonnée). Depuis 1977, il est enregistré dans la liste des espèces menacées.

Caracara montagnard (Phalcoboenus megalopterus)  – voir en photo
Nom local : Caracara cordilerano
Avec des appellations variées, cet oiseau de la famille des faucons vit dans l’altiplano andin, entre 3000m et 5000 m d’altitude, à distance d’une végétation abondante. Il niche dans des roches escarpées. Sa nourriture est constituée de petits mammifères, d’oiseaux ou encore d’insectes.
Le caracara montagnard vit seul ou en couple, rarement en groupe. Bien que sédentaire, il lui arrive de parcourir de grandes distances, après la période de nidification, qui a lieu entre octobre et décembre. De nature solitaire et timide, le caracara montagnard se tient à distance de la présence humaine.

Buse tricolore (Buteo polyosoma)  – voir en photo
Nom local : Aguilucho variable
Espèce polymorphique, elle présente au moins 2 phases de couleurs, avec des phases claires prédominantes aux phases sombres. Le manteau gris indique toujours le mâle alors que le manteau roux désigne habituellement la femelle.
Assez commune, la buse tricolore fréquente des endroits variables, tels que les vallées tempérées andines, les plaines et les collines tropicales arides situées le long des côtes du pacifique, les zones broussailleuses ou encore les abords des versants cultivés. Elles peuvent vivre jusqu’à 4600m d’altitude mais sont plus fréquemment visibles entre 1600 m et 3200 m.
Cette buse migratrice chasse souvent dans les airs, se laissant porter par les courants ou pratiquant le vol stationnaire, à la recherche de mammifères constituants l’essentiel de sa nourriture.

Buse aguia (Geranoaetus melanoleucus)  – voir en photo
Nom local : Aguilucho pechinegro
Ce grand rapace a toutes les caractéristiques d’un aigle, excepté la forme de son bec. Le mâle et la femelle sont identiques, avec toutefois, une femelle un peu plus corpulente.
Son plumage rayé, associé à sa morphologie particulière permettent de l’identifier assez facilement. Les buses aguia de l’Ouest habitent les montagnes rocheuses abruptes et les versants escarpés interrompus par les canyons, du niveau de la mer jusqu’à 3500m d’altitude, excepté dans le nord des Andes où elles ne descendent pas en dessous de 1600 m.
Généralement solitaire (ou en couple) et sédentaire, il arrive que la buse se rassemble de 3 à 5 individus, vraisemblablement des groupes familiaux. Elle consomme principalement des mammifères, des oiseaux blessés, des serpents, lézards, charognes et insectes et recherche leur alimentation en vol circulaire ou en effectuant de longues diagonales se laissant porter par le vent avant de plonger. La population est assez présente dans les habitats qui lui conviennent, où il est alors aisé de l’observer.

Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius)  – voir en photo
Nom local : Cernicalo americano
Plus petit faucon d’Amérique, ce crécerelle a approximativement la taille d’une grosse grive. Les sexes sont dimorphiques, ils se distinguent par leur plumage, le mâle portant des tâches en bas du ventre et sur les cuisses, la femelle étant traversé par d’étroites bandes noires.
Répandu dans presque toute l’Amérique du Sud, cette espèce apprécie les zones ouvertes avec quelques arbres épars, les lisières de forets, les fermes, les périphéries des villes et les parcs dans les zones urbaines. Les perchoirs élevés et les espaces libres, nécessaires pour satisfaire leur exigence de chasse, influent sur le choix des sites. Son régime alimentaire est composé d’insectes, de souris, lézards, musaraignes et petits oiseaux.
Cavernicole, ce crécerelle niche dans toutes sortes de cavités : creux d’arbres, cavités rocheuses, crevasses, falaises, nichoirs… Cet oiseau dominant n’a aucune peine à déloger les autres espèces cavernicoles ou mammifères (écureuils, tamias) !

Colibri géant (Patagona gigas)  – voir en photo
Nom local : Colibrí gigante
Le colibri géant est une espèce de colibri des Andes, le plus grand dans sa catégorie.
Sa présence est liée à la période de floraison des plantes dont il se nourrit, par exemple au début de la saison des pluies (décembre, janvier, février) dans les Andes méridionales du Pérou (Ayacucho) lorsque fleurissent les puyas (espèce endémique des hautes Andes de Bolivie et du Pérou.
Il est commun dans le versant Ouest des Andes et dans les vallées interandines.
De la taille d’un martinet, il peut d’ailleurs se confondre avec ce dernier. Il vole sur place comme ses congénères mais les battements de ses ailes sont moins rapides (8 à 10 battements par seconde) et font penser à ceux d’un papillon. Il existe environ 100 espèces de colibris au Pérou et 300 en Amérique, sachant que ces oiseaux ne sont présents que sur le territoire américain.

Phrygile du Pérou (Phrygilus punensis) – voir en photo
Nom local : Fringilo peruano
Il s’agit d’un passereau endémique du Pérou qui vit dans les zones andines, à proximité des jardins, des maisons et des champs cultivés, à une altitude située entre 2500 m et 4500 m. Il cherche sa nourriture, composée essentiellement de semences, au sol et dans les arbres. De couleur bleutée sur la tête et les ailes et jaunes sur le reste du corps, la femelle est similaire au mâle avec toutefois des tons un peu plus pâles.

Bruant chingolo (Zonotrichia capensis) – voir en photo
Nom local : Gorrion de collar rufo
Très commun, on le trouve quasiment dans toute l’Amérique du Sud, de la côte aux Andes, en passant par les vallées interandines et l’Amazonie. Il est caractérisé par sa calotte grise rayée de noire et sa nuque rousse.
Le bruant peut être vu seul ou en groupe. Il se nourrit de graines, d’insectes et d’araignées, près du sol, dans les buissons, les haies et les zones cultivées. Bien connu pour sa voix, il émet des sons typiques et réguliers.

Ibis des Andes (Theristicus melanopis branickii) – voir en photo
Nom local : Bandurria andina
Ibis assez rare que l’on trouve dans des habitats élevés entre 3000m et 5000 m d’altitude, aux abords de pâturages ouverts, et souvent près de falaises et ravins dans lesquelles il niche en colonie.  Lors des époques défavorables, il peut effectuer des courtes migrations à des altitudes moins élevées. Cette sous-espèce de l’altiplano possède un bec plus court que les autres.

Pic des rochers (Colaptes rupicola) – voir en photo
Nom local : Carpintero andino
Cet oiseau, au corps épais a un bec large et aiguisé. On le trouve dans les zones andines entre 3500 m et 5000 m d’altitude. Il niche dans le creux de la roche, les édifices abandonnés ou dans des trous creusés dans la terre.
Il s’alimente au sol, en marchant (mais ne sautille pas). Dans les cultures andines, cet oiseau, assez rare, est attrapé et cuisiné pour ses plumes et sa viande, car elles auraient des vertus bénéfiques sur la production de lait maternel.

Corune mitrée (Psittacara mitratus) – voir en photo
Cotorra mitrada
Présente du Pérou jusqu’en Argentine, la corune mitrée se distingue par son front écarlate.
Son habitat se situe plutôt sur le versant Est des Andes et dans les vallées interandines, à proximité des bois humides, entre 1000 et 3500 m d’altitude.
Généralement en petites bandes, elle peut se regrouper jusqu’à atteindre une centaine d’individus pendant les périodes de reproduction et de nichées. Cet oiseau se nourrit de graines et fruits.

Découvrez le topo Guide Apacheta sur la Cordillère Vilcabamba au Pérou.

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